Dans un article paru sur le Républicain Lorrain, le professeur Yves Martinet, Chef du service pneumologie au CHU de Nancy, considère que la cigarette électronique n’est rien d’autre qu’un gadget : « Nous demandons son interdiction (la cigarette électronique ndlr) comme cela a été fait dans de nombreux pays. Et cela pour au moins quatre raisons. La première, c’est qu’il n’y a pas eu de recherches pour savoir si c’est vraiment sans risque. C’est un dispositif qui chauffe des produits comme de la nicotine ou des parfums pour les vaporiser. Et cela fait de la fumée car il y a du glycol. Mais ce n’est pas évident que ce soit bon pour les bronches et les poumons. Deuxièmement, cela a la forme d’une cigarette, mais cela n’en est pas une. Les fumeurs n’ont pas les mêmes sensations, ni satisfactions. Donc cela ne sert à rien. Troisièmement, il n’y a eu aucune évaluation pour savoir si cela est utile pour arrêter de fumer. Enfin, vendre ces cigarettes en pharmacie n’a aucun sens. Ceux qui le font sont en contradiction avec l’éthique de leur profession. Nous n’avons pas besoin de ce produit sur le marché. C’est un gadget. »
Lien vers l’article
En résumé, les raisons (ou affirmations gratuites?) qui motivent le professeur Martinet, luttant contre le tabagisme, à demander l’interdiction de la e-cig, c’est :
- Primo il n’y a pas eu d’études sur le produit. Il est donc peut être nocif.
- Secundo, l’objet à la forme d’une cigarette mais ce n’en est pas une. Donc cela ne procure pas les mêmes sensations ni satisfactions, donc cela ne sert à rien.
- Tertio, il n’y a aucune étude pour évaluer l’utilité de l’objet dans l’arrêt du tabac.
- Enfin, vendre cela en pharmacie n’a aucun sens et va à l’encontre de l’éthique de la profession.
De notre point de vue, nous jugeons préférable de proposer des études que de décider arbitrairement de demander l’interdiction d’un produit inconnu.
Les deuxième et troisième point (qui nous paraissent n’en faire qu’un en fait) nous font nous demander en quoi un objet qui a la forme d’une cigarette doit être interdit simplement pour cette raison, loin d’être nécessaire et suffisante. De plus, comment affirmer que cela ne procure pas les sensations et satisfactions de la cigarette normale s’il n’a pas étudié le produit? Et si cela procurait de meilleures sensations et satisfactions?
En quoi l’utilisation d’un gadget est répréhensible au point de l’interdire?
Concernant les études sur ce produit, inexistantes d’après ce professeur, il y en a pourtant une, assez récente. Elle a été faite par la Boston University School of Public Health (BUSPH).
Cette étude conclue que la cigarette électronique est beaucoup moins dangereuse que la cigarette traditionnelle et prometteuse dans la lutte contre les maladies liées au tabac.
Michael Siegel, professeur des sciences de la santé communautaire à BUSPH a ainsi déclaré : «Les périphériques de vaporisation alimentés par batterie diffusent moins de nicotine que les cigarettes traditionnelles. »
Il ajoute : «Peu, sinon aucun, des produits chimiques détectés dans les cigarettes électroniques posent des problèmes de santé graves» et continue «La FDA et les principaux groupes anti-tabac ne cessent de dire que nous ne savons rien sur ce qui est dans les cigarettes électroniques. La vérité, c’est que nous en savons beaucoup plus sur ce qui est dans les cigarettes électroniques que les cigarettes traditionnelles».
Lien vers l’article (en anglais)
Comment, dès lors, un professeur luttant contre le tabagisme peut affirmer qu’il n’y a pas eu d’études ? En quoi l’éthique des pharmaciens est-elle concernée par la vente de ce produit?
Sur Le Coin des Vapoteurs, nous nous posons souvent une question. Les affirmations de tous sont elles toujours guidées par des soucis de santé ou d’autres intérêts ?
Et vous, qu’en pensez vous ?